Les rideaux flottaient sans bruit
Dans la lumière de minuit
Les murs peints couleur saffran
Gardaient les rêves du printemps
Les livres ouverts sur le sol
Dormaient près du vieux fauteuil
Et les fenêtres sous la pluie
Brillaient doucement dans la nuit
Le vieux tourne-disque en bois
Montait doucement vers toi
Pendant que les lampes rondes
Éclairaient les secondes longues
Les silences de la chambre jaune
Restent encore quand tu t'éloignes
Comme une lumière fragile
Dans les saisons immobiles
Les silences de la chambre jaune
Glissent encore sur les choses
Et les rideaux du matin
Gardent la chaleur des mains
Ta silhouette au pull léger
Passait près des escaliers
Les lettres laissées sur le lit
Dormaient près du parapluie gris
Une chanson venue d'en bas
Montait du café d'autrefois
Et les tramways du boulevard
Traînaient leurs reflets dans le noir
L'horloge avançait lentement
Vers le silence du temps
Mais les halos sur le miroir
Brillaient encore dans le soir
Les silences de la chambre jaune
Traversent encore l'automne
Comme un vertige magnifique
Sous les lumières mélancoliques
Les silences de la chambre jaune
Habitent les nuits monotones
Et les fenêtres du matin
Gardent le parfum du jasmin
Une photo contre un livre
Quelques fleurs dans le vide
Le parfum discret du départ
Et les lumières du couloir
Les silences de la chambre jaune
Descendent encore sur les choses
Quand les premiers métros gris
Traversent les rues de pluie
Les silences de la chambre jaune
Restent vivants dans mon cœur
Et je retrouve ton sourire
Dans les couleurs du souvenir