Les pavés gardaient le froid
Sous les pas des anciens soirs
Les vitrines du quartier gris
S'éteignaient d'après minuit
Les journaux trempés de pluie
Tournaient le long des ruelles vides
Et les murs près des cafés
Portaient des affiches fanées
Le violon du vieux passage
Montait doucement dans l'orage
Pendant que les néons pâles
Tremblaient sur les flaques sales
Les fleurs sous les pavés
Brillaient encore cachées
Comme une lumière fragile
Dans les saisons difficiles
Les fleurs sous les pavés
Glissent encore dans les allées
Et les fenêtres du matin
Gardent la chaleur des mains
Ta silhouette au col de laine
Passait sous les rues anciennes
Les lettres oubliées sur bois
Dormaient près du vieux sofa
Un vendeur parlait très bas
Sous les hauts vents du cinéma
Et les tramways du boulevard
Traînaient leur lumière dans le noir
L'horloge avançait lentement
Vers le silence du temps
Mais les reflets sur le goudron
Brillaient encore sous les lampions
Les fleurs sous les pavés
Traversent encore les années
Comme un vertige magnifique
Sous les enseignes mélancoliques
Les fleurs sous les pavés
Habitent les rues fatiguées
Et les rideaux du matin
Gardent le parfum du jasmin
Une photo contre un livre
Quelques roses dans le vide
Le parfum discret du départ
Et les lumières du boulevard
Les fleurs sous les pavés
Descendent encore sur les quais
Quand les premiers métros gris
Traversent les rues de pluie
Les fleurs sous les pavés
Restent vivantes dans mes pensées
Et je retrouve ton sourire
Dans les couleurs du souvenir