Dans le creux béant d'un grand chêne
Des fourmis rouges font la chaîne
Rongent, creusent, font mille efforts
Contre le vieux géant qui dort
Mais des jours d'été et de sève
Il conserve de si beaux rêves
Tant de jolis prénoms d'amants
Qui disparaîtront lentement
Combien d'amoureux, il a vu passer
Combien de prénoms se sont enlacés
Combien de serments, de fausses promesses
Se sont échangés sous son ombre épaisse
Combien d'amoureux, ivres de plaisir
Ont gravé gaiement tous leurs souvenirs
Qui dira le sort des amants lassés
Dont les deux prénoms se sont effacés